Le rapprochement de quelques articles récents témoigne de l’intense réflexion des journaux (enfin, au moins de quelques-uns) sur leur avenir et sur le choix de la sauce avec laquelle ils seront mangés sur le web. [j'avais d'abord titré ce billet "… de la presse en ligne…", mais le "en ligne" est probablement de trop]
Le New York Times travaille sur la création d’API (Application Programming Interface) qui permettra à quiconque de reprendre ses informations correctement formatées pour les réutiliser dans un autre contexte, en les combinant avec d’autres données. Outre cette ouverture, cette nouvelle structure des données en permettra une utilisation plus souple dans le site lui-même.
The goal, according to Aron Pilhofer, editor of interactive news, is to « make the NYT programmable. Everything we produce should be organized data. »
Read Write Web précise que le NYT a récemment multiplié les expériences : application Facebook (succès modeste avec 1500 utilisateurs), mise en avant des commentaires des lecteurs en première page du site, lancement d’un agrégateur de news, prise de capital dans Wordpress.
Les réseaux sociaux sont un autre sujet d’interrogation, et également dans l’agenda du NYT (d’après mediabistro). Mais sous quelle forme s’aventurer sur ce terrain ? Social media today suggère des pistes (via zéro seconde qui lit les mêmes choses que nous). D’autres sont pessimistes.
“The problem with most news organisations is a lack of editorial understanding of social media” (Kevin Anderson, Guardian blogs editor dans journalism.co.uk)
Le Washington Post vient de se séparer de plus de 100 journalistes en leur offrant un package de pré-retraite, et cette institution (6 prix Pulitzer cette année) semble bien désemparée à l’annonce de ce départ.
« What are you going to do about it? » I shot back. If people want to tune out the news, no one can compel them to change their habits. We can be smarter, faster and jazzier in providing information, but we can’t force-feed the stuff. If newspapers wither and die, it will be in part because the next generation blew us off in favor of Xbox and Wii and full-length movies on their iPods. Network news faces the same erosion. Maybe, in the end, we get the media we deserve.
Pendant ce temps Murdoch a le NYT en ligne de mire et cherche à changer les habitudes éditoriales du Wall Street Journal, version papier :
« Chaque sujet est éditée par huit personnes différentes. C’est ridicule car chaque sujet ne cesse de s’allonger. Je veux du digérable, du court, du correct. » (source VNUnet)
Balises : 2.0 | journaux | journaux sur le web | réseaux sociaux | WSJ
Résumé des épisodes précédents :
Le 12 novembre 07, Rupert Murdoch :
« We are studying [The Wall Street Journal online] and we expect to make that free, and instead of having one million [subscribers], having at least 10 million to 15 million in every corner of the earth, keeping up-to-date minute by minute with all business and economic news from around the world. »
Le 15 janvier 08, le WSJ :
“The Wall Street Journal’s Web site, WSJ.com, will keep a significant portion of its content behind its paid-subscription wall, (…) Rupert Murdoch said yesterday.”
Les quelques 20 millions de visiteurs uniques nécessaires à la rentabilité du passage à la gratuité et la perspective d’accueillir des visiteurs moins qualifiés que les abonnés (le CPM du WSJ est quatre fois celui du NYT) ont eu raison de la vision de Rupert.
Toujours est-il que le WSJ va largement augmenter son contenu gratuit, tout en augmentant ses tarifs d’abonnement.
Et il teste actuellement un principe intéressant, que voici détaillé :
Balises : gratuité | WSJ