De retour de New York avec un iPad, j’ai arrêté hier mon abonnement au Monde papier, à la maison.
Voici pourquoi :
1. La machine est relativement peu chère : 499 dollars, c’est moins que l’abonnement annuel au New York Times papier 7 jours sur 7 (608,40 dollars).
2. L’écran au format A5 est suffisamment grand pour permettre la lecture du vrai journal (version dite pdf) dans la mise en page à laquelle je suis, moi lecteur, habitué. Au format horizontal (dit paysage), une vraie demie-page du Monde est lisible telle quelle.
3. L’iPad est léger (680 grammes). Moi qui lit le Monde le soir avant de m’endormir, je n’ai plus besoin de mon Mac portable, plus lourd (2,130 kilo), mal pratique au lit et qui me chauffait le ventre…L’iPad, je le tiens dans mes mains comme mon journal-papier. Tiens ! Il faut aussi que j’essaie dans le bain où je mouillais toujours quelques bas de page…
4. Le logiciel iTunes permet d’acheter en un seul clic un exemplaire de n’importe quel journal dans l’application du journal téléchargée dans l’app store (sous réserve d’avoir au préalable entré les coordonnées de sa carte de crédit dans iTunes). NB : j’attends la possibilité de pouvoir m’abonner en un clic, ce qui n’est pas encore possible, y compris dans la version américaine d’iTunes.
5. L’abonnement au journal lui-même est moins cher sur l’iPad, par exemple 15 euros par mois pour le Monde contre 27 euros par mois à l’abonnement papier.
6. Il est plus facile de tourner les pages de son journal sur l’iPad que celles de son journal papier : un simple clic ou un simple “glissé de doigt” sur l’écran tactile suffit.
7. Il est aussi plus facile de sauter les pubs pleine page ou double-page (ici c’est le lecteur qui parle !).
8. En déplacement en province ou à l’étranger, l’iPad suit, pas le journal papier (même si on l’a gratuitement dans l’avion d’Air France, le jour du trajet).
Attention !
Ces 8 raisons valent pour un vieil (48 ans) habitué à la presse quotidienne écrite qui veut continuer à lire son journal (un monde fini) par un autre moyen. Et à le payer. Bref, “savoir ce qu’il y a dans mon journal aujourd’hui”.
Vaudra-t-il pour un jeune qui n’a jamais lu de quotidien papier ?
Vaudra-t-il pour un jeune qui n’a jamais dit “mon journal” ?
Vaudra-t-il pour un jeune qui s’intéresse avant tout aux vidéos qui buzzent ?
Vaudra-t-il pour un jeune qui n’a jamais payé pour s’informer sur les milliards de pages d’Internet (dans un monde infini) ?
En tous cas moi, j’ai bien arrêté hier mon abonnement de 30 ans au Monde papier.
François Dufour
Play Bac ; Rédacteur en chef – co-Fondateur
f.dufour@playbac.fr
Voir aussi les démos Sports Illustrated et NYT
2010 est une année de transition, marquée par la recherche de « business models » en réponse aux attentes de consommateurs sélectifs »
Le contenu linéaire est souverain : les grilles de programmes de télévision et de radio restent en position de force
Si 2010 est vue comme le début de la fin des grilles linéaires, l’écart d’utilisation entre linéaire et non-linéaire restera substantiel. En dépit de l’élargissement de la gamme des options non-linéaires, la majorité des contenus sera consommée selon les grilles de programmation, à plus de 90% pour la télévision et de 80% pour la radio.
Ce résultat est dû à la simplicité de consommation et aux habitudes bien ancrées des spectateurs. La part du linéaire pourrait même augmenter en 2010 : en particulier dans les pays en voie de développement avec les achats de nouveaux téléviseurs, et dans les pays développés avec le déploiement du numérique ou le lancement de nouvelles chaînes qui stimulent généralement la consommation de contenu linéaire.
La perception erronée d’une érosion imminente du mode linéaire est peut-être due à une mauvaise interprétation des données de marché, liée au fait que les répondants à ce type de sondage ont tendance à décrire leurs idéaux de consommation plutôt que leurs habitudes réelles. Il n’en reste pas moins que les offres non-linéaires ont une valeur à condition de monétiser la possibilité de choix plutôt que l’étendue de l’offre disponible.
Le basculement vers la publicité en ligne : plus sélective mais la tendance se poursuit
En 2010, les dépenses de publicité en ligne, qui représentent 10% des dépenses, vont croître en valeur absolue et vraisemblablement beaucoup plus rapidement que les dépenses globales de publicité même si certains supports comme les bannières sont amenées à décroître. Les annonceurs souhaitent de plus en plus mesurer l’efficacité de leurs campagnes et tout type de publicité dont l’efficacité pourra être mesurée devrait connaître un succès grandissant.
Les ventes de publicité en ligne continueront à prendre des parts aux médias traditionnels en 2010 et à affecter le marché de la publicité, faisant chuter les prix. Ce sont les médias traditionnels qui devraient subir le plus les effets de cette mutation.
En réponse, l’ensemble de l’écosystème sera amené à se consolider, contrôler ses coûts et chercher de nouveaux modèles économiques.
Les eReaders comblent une niche, mais on s’arrache (virtuellement) les livres numériques
Le marché des eReaders va croître de manière importante en 2010 mais la croissance de leurs ventes sera loin de celle attendue et devrait être de l’ordre de 5 millions d’unités alors que les ventes de livres numériques devraient atteindre 100 millions d’exemplaires.
Même si les fabricants d’eReaders devraient être satisfaits, la majorité des livres numériques sera lue sur des PCs, Netbooks, smartphones et tablettes Internet plutôt que sur des eReaders jugés trop chers et disposant de peu de fonctionnalités. Les problèmes de copyright semblent par ailleurs être davantage un enjeu pour les utilisateurs d’eReaders qui n’ont pas de possibilité d’ajouter un livre dans une librairie électronique.
L’expérience montre que les consommateurs préfèrent lire les livres numériques soit sur les petits écrans de smartphones, soit sur de grands écrans d’ordinateurs portables. Si le marché des tablettes IInternet décolle, ces terminaux multi-usages pourraient avoir les avantages des eReaders en termes de coûts et de portabilité, tout en offrant un confort de lecture supérieur.
La presse écrite contre-attaque : zones restreintes payantes et micro-paiements
En 2010, les journaux et les magazines continueront d’agiter la menace de faire payer leurs contenus en ligne, mais il est peu probable qu’ils la mettent à exécution. Les éditeurs qui, selon la rumeur, envisagent des paywalls, ne devraient pas, pour la plupart, les mettre en place ou alors opteraient pour des modèles économiques hybrides dans lesquels l’accès à l’essentiel de leurs contenus est serait gratuit et seuleavec seulement une partie est en accès limité. L’issue la plus probable est que le secteur de l’édition optera pour ce modèle, moins pour le volume de chiffre d’affaires attendu que pour réduire l’effet de cannibalisation de leur base d’abonnés existante.
La valeur du contenu est très importante : les lecteurs en ligne sont éventuellement disposés à devenir des clients en micro-paiement, à condition que les contenus en vaillent la peine. Il y a par ailleurs encore trop d’obstacles pour que 2010 soit l’année du micro-paiement : pas de standard de paiement, ni de méthodes de paiement pratiques pour les utilisateurs. Pour certains d’entre eux, acheter un article à 30 centimes ne peut justifier le temps passé à saisir les coordonnées de leur carte de crédit.
Enfin, la valeur de la stratégie du micro-paiement pour le fournisseur de contenu réside dans les volumes : un micro-paiement par client tous les quinze jours peut entraîner des coûts de transaction supérieurs à sa marge brute.
La Télévision et la Toile sont faites pour s’entendre, mais pas nécessairement sur le même écran
Passer des contenus Web sur la télévision devrait être de plus en plus répandu, et l’utilisation parallèle du Web et de la Télévision décollera en 2010. Il ne faut cependant pas espérer une soudaine embellie des ventes de téléviseurs compatibles Internet, ni une explosion de l’utilisation des « widgets ».
Même si la majorité des contenus Web est conçue pour les PCs, les applications les plus courantes comme les réseaux sociaux, la météo ou les services de contenu en streaming seront probablement adaptées aux écrans de télévision l’année prochaine. La gamme des télévisions et set-top-boxes incluant l’accès aux services Web devrait croître, de même que la pénétration des terminaux, consoles de jeux et media players connectés à Internet.
Le cycle classique de renouvellement des téléviseurs étant de dix ans, la convergence Web/Télévision devrait néanmoins s’appuyer sur les téléviseurs et terminaux existants équipés de navigateurs (ordinateurs portables et netbooks reliés en WiFi, smartphones, MP4 et consoles de jeu portables) et les usages seront définis par les utilisateurs eux-mêmes.
L’utilisation en simultané du Web et de la Télévision devenant de plus en plus répandue, les producteurs de télévision seront incités à développer des sites Web conçus pour combler les attentes de téléspectateurs impatients de réagir à ce qu’ils regardent.
La Musique en tête sur Internet
En 2010, le nombre d’abonnés payants devrait dépasser les 10 millions pour la première fois. Le principal moteur sera l’accès de l’offre à travers les téléphones mobiles par opposition à l’offre existante, accessible principalement via les PCs. Un autre facteur clé est la volonté croissante des acteurs de l’industrie de la musique de développer l’accès payant.
Les sites d’abonnement pourraient même se voir offrir des accords de licence semblables à ceux conclus avec les stations de radio. Plusieurs sites majeurs de musique devraient être lancés en 2010, alors que d’autres seront obligés de fermer. La concurrence devrait permettre d’offrir un service global plus complet qui inclura le meilleur de la radio, de la vidéo, des CD et des contenus numériques, tout en exploitant au mieux les capacités des terminaux utilisés pour accéder au service.
Les fournisseurs d’abonnement à la musique devraient essayer de pousser les utilisateurs vers des offres premium en déclassant les services gratuits, aujourd’hui utilisés comme appâts. Par exemple, le nombre de morceaux pouvant être gratuitement écoutés par jour pourrait être limité afin d’encourager les clients non payants à souscrire un abonnement.
Un pas en arrière, deux pas en avant pour la TV 3D
Après une année exceptionnelle pour la 3D au cinéma, les attentes sont fortes pour la télévision en 2010. La réalité ne devrait malheureusement pas être aussi brillante.
Même si potentiellement le chiffre d’affaires pour la télévision en 3D est important, le nombre d’abonnés, le chiffre d’affaires issu des abonnements et de la vente d’équipements ainsi que le contenu disponible seront probablement négligeables en 2010 du fait d’un certain nombre de contraintes.
Le plus gros problème est la multitude de standards. La plupart des films en 3D pour la télévision utiliseront le
Balises : prospectiveAvec le changement de saison arrive la nouvelle livraison des Cahiers de Tendance concoctés par Eric Scherer. A ne pas rater.
La livraison automne/hiver est titrée « Context is King » !
Rappel : le blog d’Eric – AFP Media Watch
Balises : benchmark | New media | presse | prospective | tendancesL’étude est disponible et téléchargeable ici
Un trés bon résumé (en français) sur le site presse.edition.fr
Pas trés réjouissant pour l’avenir de la presse papier !!! mais des relais de croissance ou de la création de valeur.
Balises : business model | économie | prospectiveLe New York Times lance cette semaine un remue-méninges sur l’avenir de la presse en demandant à 8 experts leur « plan de bataille pour les journaux », et sollicitant les réactions des lecteurs.
Les points de vue :
Balises : business model | information locale | journalisme | journaux sur le web | New media | NYT | prospective | USADraft d’une contribution que je réserve au Groupe d’Innovation Courts-Circuits.
Confrontée à l’émergence de nouveaux supports et face à des comportements de ses lecteurs en perpétuelle évolution, la presse écrite, qu’elle soit presse d’opinion ou presse à centre d’intérêt, a dû modifier sa chaîne de valeur.
Si elle a toujours placé la notion de service au cœur de sa mission, celle-ci a fortement muté ces derniers temps.
La 1ére mutation de la chaîne de valeur : de l’information connaissance à l’information pratique
Le premier rôle de la presse a été de faire savoir l’existence d’un fait, d’un événement, d’une action.
- Le journaliste collecte et rend compte.
- L’annonceur délivre un message.
La multiplication des médias et leur plus large diffusion a poussé la presse écrite à s’engager dans la voie de l’information pratique ie l’information doit directement avoir une valeur d’usage.
Cette mutation a commencé il y a une vingtaine d’année, simultanément dans les journaux et les magazines.
Elle s’est traduite par :
des transferts sur le volume de pagination des rubriques
une écrite enrichie d’apports liés aux sujets et d’inserts
la parole donnée aux acteurs et plus monopolisée par le journaliste
La mutation nécessaire de la chaîne de valeur : de l’information pratique à l’information action
La presse doit poursuivre et amplifier la proximité et l’utilité en se positionnant au cœur des communautés comme animateur et point de passage / caisse de résonnance : la presse remplira alors un rôle de facilitation de la circulation de l’information.
Elle doit donc offrir la possibilité à ses utilisateurs d’avoir une action immédiate.
De la capacité à délivrer un vecteur d’action dépendra sa valorisation et sa monétisation.
Concrètement c’est,
- mettre à disposition des services
- offrir du transactionnel
- dynamiser l’expression et le débat
- favoriser la mise en relation
Si la presse n’arrive pas a franchir cette étape, elle court le grand risque de voir ceux qui détiennent les moyens d’action peu à peu investir son territoire en délivrant tout d’abord un conseil puis du contenu éditorial.
Exemple de chaîne de valeur complète
Annonce de sortie d’un film / critique de film / avis de spectateurs / horaires des séances / achat du billet ou VOD
En conclusion, du point de vue des communautés d’utilisateurs de la presse, les étapes de l’évolution de la chaîne de valeur :
Principe
1. L’information connaissance
2. L’information pratique
3. L’information action
Communauté des lecteurs
1. Je m’informe
2. Je réagis
3. J’agis
Communauté des annonceurs
1. Je me fais connaître
2. Je fais une proposition commerciale
3. Je vends
Le magazine XXI vient de fêter son 1ére anniversaire.
XXI est un magazine que l’on peut classer dans la catégorie news/reportages, 210 pages, 4 numéros par an, vendu 15€, diffusé via les libraires (en majorité) donc hors circuit « presse ».
Patrick de Saint-Exupéry, son Rédacteur en Chef, m’a fait part de quelques chiffres : un peu plus de 1 000 points de vente, une diffusion moyenne de 34 000 ex., environ 2 000 abonnés, un taux d’invendus de l’ordre de 15% (!).
Un mix très en rupture avec les standards : nb de pages, concept éditorial (qualité, longueur, photo, etc.), prix de vente au numéro, distribution alternative.
Bilan : tous les numéros ont atteint l’équilibre économique.
)
L’innovation peut aussi exister dans les médias traditionnels : suffit de casser les codes.
Balises : économie | journalisme | marketing | presse | prospective | stratégieLivraison hivernale de la toujours trés instructive et riche synthése d’Eric Scherer et son équipe.
Pour la recevoir, merci de m’en faire la demande ou bien d’aller le consulter sur le blog du Media Watch. M-Ph D
Balises : benchmark | information | journalisme | journaux | news | prospective | tendances