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Philippe Durand on 5 fév 08 in
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Ces annonces de méga-fusions-acquisitions me laissent souvent dubitatif. C’est certainement le cas de Microsoft-Yahoo.
Comme l’explique bien Ben Compaine dans le blog Rebuilding Media, qu’apporterait Yahoo à Microsoft ?
- Financièrement rien d’extraordinaire : Yahoo c’est 7 milliards de $ de C.A. et 660 millions de benef, et Microsoft 58 milliards de CA et 17 de profit.
- La technologie du moteur de recherche : le moteur Yahoo est bon, mais Microsoft en a déjà un.
- Du C.A. pub ? Peut-être, Yahoo fait deux fois plus de chiffre que Microsoft sur ce terrain. Mais bon.
- Des synergies ? Microsoft annonce des économies potentielles de 1 milliard de dollars annuels. Cela serait un argument si Microsoft était sur un budget serré, mais avec 29% de marge. Et c’est toujours mauvais signe quand ce genre d’argument est mis en avant plutôt que les stratégies de développement.
- Une part de marché combinée de nature à rivaliser Google ? Microhoo représenterait 1/3 du marché, soit une puissance théoriquement incontournable pour les annonceurs. Mais Ben Compaine rappelle que Yahoo était pratiquement à ce niveau en 2005 et que cela ne l’a pas empêché de dévisser.
Va-t-on assister à un remake de AOL + Time Warner ? Est-ce le meilleur moyen pour Microsoft de rattraper son retard dans l’internet, ou y aurait-il un meilleur usage de 44 milliards de dollars ? La combinaison de deux stratégies perdantes peut-elle former par magie une stratégie gagnante ?
Ou peut-être faut-il chercher dans ce qui est en devenir :
- le marché du mobile, encore très ouvert et au potentiel immense : Yahoo est plutôt bien parti côté savoir-faire technologique grand public, et Microsoft côté système d’exploitation, business et relations avec les opérateurs.
- la publicité dans les réseaux sociaux : Facebook, MySpace & Co sont encore largement sous-investis publicitairement compte tenu de leur audience. MySpace a un deal avec Google, qui se plaint de ne pas rencontrer le succès qu’il espérait. Et Microsoft a un joker avec sa participation chère payée dans Facebook.
Feuilleton à suivre, le scénario est intéressant, et la psychologie des personnages (Google « don’t be evil » contre Bill le satanique) apporte le piment qui fait les grandes sagas.
Éclairages complémentaires
- Le problème est que Microsoft et Yahoo ne sont pas de vraies entreprises web, reposant sur des modèles centralisés de contrôle plutôt qu’un fonctionnement en réseau. Ils reposent sur des systèmes fermés (windows, office, clients messagerie, web mail) qui ne redistribuent pas de valeur au réseau, ni ne bénéficient de son effet. Microsoft et Yahoo se comportent comme des entreprises de médias classiques alors que les décisions de Google ne suivent pas les réflexes traditionnels. Scott Karp | Publishing 2.0
- Les maigres ambitions affichées par Microsoft en rapport avec la première tentative hostile (pardon, « non sollicitée ») d’acquisition de son histoire témoignent d’une grande fatigue du géant. Joe Nocera | NYT
- La fusion pourrait en fait créer plus de concurrence et non la diminuer Louise Story | NYT
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