Un blog-notes collectif sur la presse, le net et toute cette sorte de choses

Dans les labos du NYT : newspaper 2.0

New York Times R&D Group: Newspaper 2.0 from Nieman Journalism Lab on Vimeo.

Nick Bilton is design integration editor in the Research and Development Group at The New York Times. This video was recorded on May 4, 2009. More information at this post: http://www.niemanlab.org/2009/05/the-new-york-times-envisions-version-20-of-the-newspaper/

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L’avenir de la presse passe par les API et les réseaux sociaux

Le rapprochement de quelques articles récents témoigne de l’intense réflexion des journaux (enfin, au moins de quelques-uns) sur leur avenir et sur le choix de la sauce avec laquelle ils seront mangés sur le web. [j'avais d'abord titré ce billet "… de la presse en ligne…", mais le "en ligne" est probablement de trop]

Le New York Times travaille sur la création d’API (Application Programming Interface) qui permettra à quiconque de reprendre ses informations correctement formatées pour les réutiliser dans un autre contexte, en les combinant avec d’autres données. Outre cette ouverture, cette nouvelle structure des données en permettra une utilisation plus souple dans le site lui-même.

The goal, according to Aron Pilhofer, editor of interactive news, is to « make the NYT programmable. Everything we produce should be organized data. »

Read Write Web précise que le NYT a récemment multiplié les expériences : application Facebook (succès modeste avec 1500 utilisateurs), mise en avant des commentaires des lecteurs en première page du site, lancement d’un agrégateur de news, prise de capital dans Wordpress. 

Les réseaux sociaux sont un autre sujet d’interrogation, et également dans l’agenda du NYT (d’après mediabistro). Mais sous quelle forme s’aventurer sur ce terrain ? Social media today suggère des pistes (via zéro seconde  qui lit les mêmes choses que nous). D’autres sont pessimistes.

“The problem with most news organisations is a lack of editorial understanding of social media” (Kevin Anderson, Guardian blogs editor dans journalism.co.uk)

Le Washington Post vient de se séparer de plus de 100 journalistes en leur offrant un package de pré-retraite, et cette institution (6 prix Pulitzer cette année) semble bien désemparée à l’annonce de ce départ.

« What are you going to do about it? » I shot back. If people want to tune out the news, no one can compel them to change their habits. We can be smarter, faster and jazzier in providing information, but we can’t force-feed the stuff. If newspapers wither and die, it will be in part because the next generation blew us off in favor of Xbox and Wii and full-length movies on their iPods. Network news faces the same erosion. Maybe, in the end, we get the media we deserve.

Pendant ce temps Murdoch a le NYT en ligne de mire et cherche à changer les habitudes éditoriales du Wall Street Journal, version papier :

« Chaque sujet est éditée par huit personnes différentes. C’est ridicule car chaque sujet ne cesse de s’allonger. Je veux du digérable, du court, du correct. »  (source VNUnet)

 

 

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Zut ! Voilà la concurrence

Les conséquences des résultats trimestriels d’aufeminin.com — recul du bénéfice net de 29% sur le premier trimestre — fournissent de belles accroches aux pages éco : le titre est « secoué », « dévisse », « dégringole », « s’effondre ». Il est vrai que perdre en une journée le quart de sa capitalisation boursière est assez spectaculaire.

Bienvenue dans l’univers impitoyable des traders et autres animaux prédateurs d’espèces voisines. Mais voilà, quand la seule note chantée pendant plusieurs années est cocorico (voir la liste édifiante des titres des communiqués de presse du groupe qui ne sait utiliser que les superlatifs — c’est intéressant, les communiqués de presse), un enrouement même passager peut être interprété comme l’avant-signe de la mort.

Responsables de ce résultat trimestriel : le « ralentissement de la croissance du marché », et la « concurrence accrue ».

Pour le prétexte ralentissement, ne serait-on pas quelque peu dans la langue de bois ? Que le marché grandisse moins vite, d’accord, mais il est toujours en croissance. Et les recettes d’aufeminin.com sont en recul de 8% en France.

Côté « concurrence accrue », il y a une certaine candeur à jouer la surprise. Déjà, on pouvait se douter qu’une marge opérationnelle de 59% (1er trimestre 07) et une telle valorisation boursière pouvaient susciter des vocations. Ensuite, quand on se positionne comme groupe de « magazines interactifs » (communiqué du 22/2/06), il faut s’attendre à ce que les autres magazines (les vrais, en papier) se réveillent un jour. Dans ce même communiqué, aufeminin.com affirme « son savoir-faire éditorial et technologique unique qui a permis d’élever de très fortes barrières à l’entrée » de nouveaux concurrents. Délicat aujourd’hui d’avancer l’explication de la concurrence accrue.

Quelles leçons tirer de cette secousse ?

La valorisation des entreprises internet est une chose délicate, leur courte histoire le montre bien. Les performances financières d’aufeminin.com étaient remarquables (et sont toujours intéressantes : 38% de marge opérationnelle) et dans une belle dynamique, sa position de marché également. Mais les investisseurs, à de telles valorisations, parient sur un avenir radieux et sans nuage. Et j’ai du mal à voir, dans l’activité d’aufeminin.com, des prévisions météo aussi optimistes. Malgré ce qu’ils affirment, je ne vois pas de savoir-faire éditorial unique : le fait même qu’aufeminin revendique le positionnement de magazine en est un signe. Je ne vois pas non plus de technologie unique : SmartAdServer peut être un bon produit, mais difficilement « unique ».

Le public du media internet est d’une grande fluidité, autant les visiteurs que les annonceurs. Ce concept « magazine » appliqué au web me parait bien fragile dans ce contexte. L’autre terme volontiers employé par aufeminin est « portail », même combat. Il y a un an, aufeminin lançait « sa version Web 2.0″. Très bien, mais qu’y a-t-il dedans ? Le communiqué du 16 février 07 donne le détail :

« AuFeminin lance sa version Web 2.0 avec LES BLOGS VIDEOS et le nouveau service très esthétique et simple MON ESPACE AUFEMININ
Mon Espace AuFeminin – Un espace esthétique et convivial pour présenter ses passions. Grâce à « Mon Espace AuFeminin », les lectrices peuvent créer leur propre page pour présenter leurs hobbies ou passions et entrer en contact avec de nombreuses personnes. « Mon Espace AuFeminin » permet une très forte personnalisation de la page et de l’environnement graphique. Cœurs, montagne, campagne, rock, bébé, fond bi-colore, uni, rouge, bleu, vert … une trentaine de thèmes est proposé pour la personnalisation de la page. Très simple d’utilisation, quelques clics suffisent pour créer son propre espace sur AuFeminin. (…) Les blogs et le nouveau service Mon Espace AuFeminin permettent également de diffuser ses vidéos personnelles. Simple et de très bonne qualité, ce service permet de diffuser ses vidéos à ses proches ou au plus grand nombre : hobbies, naissance, mariage, premiers pas de bébé, cours de ski, soirée déguisée …
« 

Personnellement, je n’aurais pas qualifié la « personnalisation de page perso avec des cœurs » de web 2.0, mais il est vrai que le concept est flou.

Il sera intéressant de suivre dans les semaines qui viennent les éventuels mouvements de capital : Axel Springer a acheté en juin dernier 41,4% des parts, et les trois fondateurs de aufeminin.com avaient la possibilité de vendre à Springer le reste de leur participation en mars ou avril de cette année, pour une valeur « n’exédant pas 32 euros par titre ». Il est côté à la moitié.

A lire : « Aufeminin.com a dévissé de plus de 26% après des profits trimestriels en forte baisse » La Tribune, « Meetic vient chasser sur les terres du site au feminin.com » 01net, « La première offre internet issue de la presse magazine féminine » présentation pdf

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Journalism 2.0

Journalism 2.0: How to survive and thrive, a digital literacy guide for the information age
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